Algues vertes à la surface du substrat
Quand je vois une pellicule verte, glissante ou croûteuse, sur le dessus d’un pot, je pense tout de suite à l’arrosage. Ce n’est ni du calcaire, ni de l’oïdium. C’est de l’algue sur le substrat.

Les algues font souvent plus peur qu’elles ne devraient. On les confond facilement avec d’autres problèmes de surface, alors je pose la ligne tout de suite. Si c’est blanc, poudreux ou croûteux, on est plutôt sur des dépôts de sels minéraux laissés par l’eau ou l’engrais. Ce n’est pas le même sujet, ni la même solution. Si c’est du duvet blanc ou gris sur les feuilles, là on parle d’oïdium. L’algue, elle, est verte et elle reste sur la surface du sol. Fraîche, elle peut être un peu visqueuse. En séchant, elle devient une croûte verte.
Elle apparaît quand deux choses sont réunies en même temps. La surface reste humide trop longtemps, et la lumière atteint cette surface. Un pot de bonsaï, avec son substrat exposé et une place lumineuse, peut très bien offrir ce qu’il faut à l’algue si le dessus ne sèche jamais vraiment entre deux arrosages. Je la vois surtout sur des arbres arrosés souvent en petites quantités, au lieu d’être arrosés franchement puis laissés tranquilles jusqu’à un vrai ressuyage.
En France, le climat change beaucoup d’une région à l’autre, et ça compte. Dans le Sud méditerranéen, la surface sèche plus vite en été, mais l’algue peut revenir si l’arrosage est trop fréquent ou si le substrat est trop fin. En Bretagne, dans le Nord, ou autour de Paris, l’humidité ambiante et le manque d’air peuvent prolonger l’humidité en surface, même sans excès d’eau évident. Je le remarque aussi sur les arbres placés dans un coin plus ombragé, ou sur des bancs où l’air circule mal. Bref, ce n’est pas un problème qui dit la même chose partout, mais le mécanisme reste le même.
Je veux aussi être clair sur un point. L’algue n’est pas dangereuse pour l’arbre à court terme. Elle dit surtout quelque chose sur la manière d’arroser et sur la structure du substrat. Si on la laisse trop longtemps, elle peut finir par former une croûte qui gêne un peu les échanges d’eau et d’air à la surface. C’est là que ça devient un vrai sujet, pas avant.
Causes probables
Surface du sol constamment humide avec lumière directe
Comment la reconnaître: On voit une pellicule verte, parfois glissante, parfois déjà sèche en fine croûte. Elle couvre le dessus du pot, souvent sur un arbre placé dans un endroit lumineux et arrosé souvent, mais légèrement. La surface ne sèche jamais vraiment entre deux arrosages.
La solution: Laissez la surface sécher davantage entre deux arrosages. Je préfère vérifier au doigt ou avec une sonde, pas à l’œil et surtout pas sur un calendrier fixe. Grattez aussi le plus épais de l’algue avec un petit outil, une baguette ou un chopstick. Ça évite qu’elle garde l’humidité et l’ombre sur la couche supérieure. Si vous êtes dans une région très ensoleillée, comme une bonne partie du Sud, une fine couche de granulats inorganiques en paillage de surface peut aider. Elle casse l’humidité stagnante et limite la lumière directe sur le substrat. Mais gardez cette couche légère. Elle ne doit pas faire une croûte à sa place.
Substrat trop fin ou trop organique qui retient l’humidité en surface
Comment la reconnaître: L’algue revient vite, parfois en quelques jours ou quelques semaines, même après l’avoir retirée et même si vous avez corrigé un peu l’arrosage. Le substrat paraît serré, fin, plus proche d’un terreau de rempotage que d’un vrai mélange de bonsaï avec des particules visibles et des vides entre elles.
La solution: Un substrat fin ou riche en organique garde naturellement plus d’eau à la surface qu’un mélange minéral et aéré. C’est pour cela que l’algue repart si facilement. Un paillage minéral peut aider à court terme, mais la vraie solution arrive au prochain rempotage prévu. Passez à un mélange plus ouvert, plus minéral, qui sèche plus vite en surface. En pratique, c’est ce qui coupe l’herbe sous le pied à l’algue.
Comment l'éviter
La meilleure habitude, c’est d’arroser franchement puis d’attendre que le premier centimètre environ soit sec au toucher avant de recommencer. Pas besoin de pousser l’arbre à la soif. Je parle bien de la surface, pas de la motte entière. Vérifiez au doigt avant d’arroser à nouveau. Si vous cultivez en plein soleil, surtout dans les régions les plus lumineuses et les plus chaudes, je trouve utile de mettre d’emblée un paillage minéral léger plutôt que d’attendre l’apparition de l’algue. Il faut juste qu’il reste assez fin pour que l’on sente encore l’humidité dessous. Et si vous avez déjà eu ce souci sur un arbre, regardez le substrat au prochain rempotage. Un mélange trop fin recommencera le problème, même avec un arrosage plus propre.
Questions fréquentes
L’algue est-elle vraiment nuisible pour mon bonsaï ?
Pas directement, et pas à court terme. C’est surtout un indicateur de surface trop humide. Si on la laisse en place trop longtemps, elle peut gêner un peu la pénétration de l’eau et de l’air en surface, mais un grattage et un ajustement de l’arrosage suffisent généralement avant d’en arriver là.
Est-ce que l’algue veut toujours dire que j’arrose trop ?
Pas forcément. Elle veut surtout dire que la surface reste humide trop longtemps. Cela arrive souvent avec un excès d’arrosage, oui, mais aussi avec des petits arrosages répétés, un drainage moyen, ou un substrat trop fin qui garde l’humidité en haut. On peut donc avoir de l’algue sans arroser “trop” au sens habituel du terme.
Comment distinguer une algue d’une moisissure sur le substrat ?
L’algue est verte et a besoin de lumière, donc elle se développe sur la surface exposée. La moisissure est souvent blanche, grise ou parfois plus sombre. Elle n’a pas besoin de lumière et peut apparaître dans les zones ombrées, ou sous un paillage. Il existe aussi des plaques verdâtres de type hépatiques ou cyanobactéries qui ressemblent à de l’algue au premier coup d’œil. Si le grattage et la correction de l’arrosage ne changent rien, ce n’est peut-être pas de l’algue ordinaire. Le premier indice, c’est de voir si le problème reste limité aux zones éclairées.
Faut-il traiter ça avec un fongicide ?
Non. L’algue n’est pas un champignon. Un fongicide ne règle pas le problème et ce n’est pas l’outil adapté. Retirer la couche visible et corriger l’arrosage, ainsi que l’exposition de la surface, est plus direct et plus propre.
Puis-je laisser l’algue tranquille si l’arbre semble aller bien ?
Pour une fine pellicule, oui, à court terme ce n’est pas une urgence. Mais il vaut mieux quand même corriger la manière d’arroser, parce que les conditions qui favorisent l’algue sont souvent les mêmes qui méritent d’être améliorées pour les racines. Une croûte plus épaisse, elle, mérite d’être retirée pour que l’eau puisse de nouveau traverser la surface correctement.
Une couche de mousse peut-elle empêcher l’algue ?
Oui, souvent. Une mousse bien installée occupe la place que l’algue voudrait prendre. Et, honnêtement, elle est plus agréable à regarder. Mais la mousse aime aussi l’humidité régulière. Ce n’est donc pas une façon d’éviter la gestion de l’arrosage, seulement une autre manière de traiter la surface. Si vous cultivez de la mousse volontairement, surveillez ses bords. C’est là que l’algue s’installe d’abord quand la couverture devient inégale.
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